Un blog pour discuter de la gestion de l'eau en Algérie. Le site est ouvert à tous afin de débattre où de s’exprimer sur le sujet. J’espère que vous trouverez l’information que vous cherchez, un blog à lire…

vendredi 22 août 2014

Sao Paulo, la mégapole du Brésil, a soif

Sao Paulo (AFP) – Mégapole et poumon économique du Brésil, Sao Paulo a soif, frappée depuis des mois par une grave sécheresse qui menace l’approvisionnement en eau de millions de personnes.

Les réservoirs du réseau Cantareira, qui alimente 45% de la région métropolitaine de Sao Paulo, une zone où vivent 20 millions de personnes, se trouvent à un minimum historique. Et ce niveau continue à baisser alors que d’autres réseaux montrent des signes de fatigue.
Le gouvernement local dirigé par le social-démocrate Geraldo Alckmin, qui en octobre briguera la réélection, a écarté un rationnement d’eau dans la capitale et la banlieue. Ceci, malgré les recommandations du parquet de rationner la consommation de son principal réseau de distribution afin d’affronter « la pire crise hydrique de la région et une panne dans l’ensemble des réservoirs ».
La compagnie des eaux, la Sabesp, garantit l’approvisionnement en eau jusqu’en mars 2015, assurant qu’elle transfèrera de l’eau d’autres systèmes de barrages et qu’elle continuera à utiliser des réserves d’urgence, tout en encourageant la population à moins consommer.
Selon la Sabesp, il n’y aura ni coupure ni rationnement dans les 364 communes de Sao Paulo qu’elle dessert (plus de la moitié du total).
Mais chez les 41,2 millions d’habitants que compte l’Etat de Sao Paulo, rien n’est moins sûr.
Une enquête du quotidien Folha de Sao Paulo a montré qu’en août, 46% des habitants de Sao Paulo capitale ont dit avoir souffert de coupures d’eau au moins une fois, contre 35% lors du sondage précédent en mai.
« La semaine dernière nous sommes restés quatre jours sans une goutte d’eau au robinet. Cela a été très difficile », raconte à l’AFP Adilson Becerra, une commerçante de 36 ans qui vit en banlieue.
La période des pluies qui va d’octobre à mars a été caractérisée par une sécheresse atypique entre 2013 et 2014 à São Paulo et la situation continuera en 2015, selon les experts.
Le manque de pluies touche aussi la production d’énergie hydroélectrique, la principale source au Brésil, cédant la place aux usines thermoélectriques plus chères et polluantes. Mais en année d’élection, le rationnement a été écarté par le gouvernement brésilien.
« La situation est critique pour l’eau potable et l’énergie. L’idéal serait que la population réduise sa consommation », commente Cristopher Vlavianos, président de Comerc Energía, un distributeur indépendant.
Dans d’autres villes de l’Etat de Sao Paulo qui ne sont pas desservies par la Sabesp, le rationnement est déjà en vigueur. Ainsi à Guarulhos, une municipalité de 1,3 millions d’habitants, l’approvisionnement en eau souffre de coupures depuis mars.
« On a l’impression qu’au Brésil on ne manquera jamais d’eau. En 2009 et 2010, il y a eu un excès d’eau, mais elle s’est perdue parce qu’on ne savait pas où la stocker. C’est une situation compliquée », déclare Marco Aurelio Cardoso, directeur de la compagnie des eaux de Guarulhos.
« Pendant des années nous avons été à la limite des réserves et rien n’a été fait pour améliorer l’infrastructure » tandis que « la population et la demande d’eau ont augmenté », explique le géographe Paulo Roberto Moraes, de l’Université catholique de Sao Paulo.
Le système résiste mais « maintenant nous avons une sécheresse qui se traduit par un manque d’eau dans les réserves depuis 15 mois », a-t-il ajouté.
Sao Paulo est la capitale économique du Brésil et a un parc industriel important : usines automobiles, fabriques d’avions, production agricole, minière, pétrolière, textile, chimique, entreprises de construction…
« Le manque d’eau aura un impact économique dont on ne connaît pas encore la portée. Mais le pire se situe au niveau de la confiance et des attentes car la lecture que l’on fait est celle d’une mauvaise gestion », estime l’économiste André Perfeito, du cabinet de consultant Gradual Investimentos.

© AFP

mardi 19 août 2014

Oran : Une cellule de crise pour faire face à une panne dans la station d’épuration des eaux usées d’El Kerma

Oran : Une cellule de crise pour faire face à une panne dans la station d’épuration des eaux usées d’El Kerma
radioalgerie.dz lien

- Le ministre des ressources en eaux minimise la portée de l’accident de la station d’El-Kerma: C’est la faute à la… »nature » lien

- Visite du ministre des ressources en eaux à El-Kerma: Que cache-t-on au Oranais? lien

samedi 9 août 2014

Urgence sanitaire à Gaza...

Deux tiers des habitants de Gaza seraient confrontés à des problèmes très sévères d’alimentation en eau.
FRANCK GALLAND / DIRECTEUR GÉNÉRAL LesEchos.fr
Au delà du sinistre bilan des victimes touchées par les bombardements, ainsi que les morts et blessés parmi les combattants des deux camps, le nouveau conflit qui frappe la bande de Gaza a des conséquences immédiates - et d’autres plus durables - sur l’alimentation en eau des populations.
L’opération « Plomb durci » avait déjà marqué les esprits par l’ampleur des destructions et des impacts sur la-déjà très fragile  alimentation en eau de Gaza. Suite à ces frappes de haute intensité, en septembre 2009, le Comité International de la Croix-Rouge soulignait la situation catastrophique de l’eau, tandis que l’Organisation Mondiale de la Santé dénonçait également le développement de maladies hydriques, comme l’hépatite A.
Dans le même temps, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement s’inquiétait de l’état de délabrement avancé de l’aquifère côtier qui alimente Gaza en eau, en raison d’infiltrations grandissantes d’eau salée et de pollutions toujours plus nombreuses occasionnées par le manque d’assainissement collectif et par une activité agricole utilisant bien trop de fertilisants. Les rejets en milieu marin d’eau souillée sont ainsi estimés par les Nations Unies à 90 000 m3 par jour. 90% des prélèvements issus de la nappe sont également jugés impropres à la consommation humaine, sans d’importants traitements préalables (1).
41m3 d'eau par an par habitant
Les précédentes opérations de Tsahal ont eu de lourdes conséquences sur les infrastructures en eau, qu’elles soient privatives ou collectives. Au lendemain de « Plomb durci », le CICR dénombrait plus de 30 kms de canalisations endommagées ou détruites, une dizaine de puits opérés par la municipalité de Gaza hors service, et des centaines de réservoirs sur les toits, hors d’état.
Avant ce nouveau conflit de l’été 2014 et l’opération « Bordure protectrice », Gaza souffrait déjà particulièrement de la pénurie d’eau, avec une ressource moyenne de 41 m³/an/habitant. Le service de l’eau était notoirement à un niveau insuffisant (ruptures de distribution, mauvaise qualité de l’eau distribuée, …), à tel point que beaucoup d’habitants de Gaza dépendent pour leur alimentation en eau de puits qu’ils ont forés. Ce sont ainsi 160 millions de m3 qui sont annuellement prélevés dans la nappe, d’après le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (2). La tendance continuant, cette nappe côtière ne sera plus praticable dés 2020.
Mais 2020 est loin, très loin, quand les bombardements continuent de tuer, de mutiler et de détruire. Le quotidien d’une famille reste aujourd’hui de se battre pour se procurer vivres et eau, peu importe sa provenance. Comme le relate le quotidien Haaretz en date du 27 juillet, 2/3 des habitants de Gaza seraient ainsi confrontés à des problèmes très sévères d’alimentation en eau (3).
Reconstruire
Il en va sans doute de même pour les hôpitaux. Déjà surchargés en blessés, comment peuvent-ils fonctionner avec des pénuries d’eau? Mission impossible vous diront les professionnels de l’urgence. Enfin, quelles seront à nouveau les conséquences sur la santé publique des dégâts actuellement causés sur les systèmes de traitement des eaux usées? A l’évidence, encore un peu plus de pollutions et une situation sanitaire explosive à redouter dans les prochains mois.
Quand les armes se seront tues, une nouvelle fois il faudra reconstruire. Les hommes de l’eau, palestiniens et israéliens, tenteront, comme toujours, de reconstituer patiemment un très fragile équilibre pour l’alimentation en eau et l’assainissement de Gaza.
N’oublions en effet pas que techniciens et ingénieurs des deux bords sont avant tout des professionnels, dont la mission passe avant les conflits que leurs responsables politiques engendrent. Mais, ils ne pourront se mettre à reconstruire sans un accord politique qui devra permettre un accès à l’eau durable pour les 2,1 millions de personnes qui peupleront la Bande de Gaza en 2020.
Celui-ci ne peut passer que par le dessalement, comme l’envisageaient les discussions qui ont eu lieu avant cette nouvelle crise. Un plan visait en effet à permettre la construction d’une station de dessalement de 500 millions de dollars, destinée à répondre à une demande en eau que la Palestinian Water Authority (PWA) estime à 260 millions de m3 en 2020, soit une augmentation de 60% par rapport aux besoins en eau actuels.
Il y a cependant aujourd’hui urgence pour Gaza. Quand une trêve sérieuse aura été rendue possible, il faudra utiliser tous les moyens techniques et technologiques disponibles pour produire de l’eau saine à partir de la mer, sans trop attendre une hypothétique station de dessalement. Ces moyens sont en particulier des stations mobiles. Véritables unités modulaires destinées à produire de l’eau potable depuis de l’eau salée sur une base de 5000 m3/j, elles ont été notamment choisies par la National Water Company saoudienne pour répondre à une situation critique d’alimentation en eau dans certaines parties de la capitale Riyadh.
Même logique de mobilité pour l’assainissement, dont les skids équipent par exemple des bases-vies en zone reculée.
Ces outils sont plus que jamais nécessaires à Gaza pour lui permettre une sortie de crise dans l’eau et l’assainissement.
1. Cité page 12 dans « Gaza in 2020. A liveable place? », rapport de la United Nations Country Team in the occupied Palestinian territory, août 2012.
2. « Water crisis will make Gaza strip 'unliveable' »,  John Vidal, The Guardian, 30 août 2012.
3. « 1.2 million Gazans suffering from disrupted water supply. Sewage flooding further threatens the water system racked by Israeli bombing », Amira Hass, Haaretz, 27 juillet 2014.
Franck Galland, directeur général d’Environmental Emergency & Security Services, cabinet d’ingénierie-conseil spécialisé en résilience urbaine et en préparation des opérateurs d’eau et d’énergie face aux crises majeures. Franck Galland a été directeur de la sûreté de Suez Environnement, et conseiller du Président pour les affaires méditerranéennes.

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